La création du Fonds central d’intervention d’urgence, celle de la Commission de consolidation de la paix et celle du Fonds des Nations Unies pour la démocratie et du Conseil des droits de l'homme sont autant de décisions importantes prises pour donner corps aux conclusions du Sommet mondial de 2005. A présent, les Etats membres de l’ONU font porter leur attention sur un autre point à l’ordre du jour de la réforme, à savoir la revitalisation de l'Assemblée générale.
Un groupe de travail ad hoc travaille dans la discrétion à New York depuis plusieurs mois. Il rendra public fin mai un rapport assorti de recommandations sur la manière d'améliorer les méthodes de travail de l’instance délibérative la plus importante du monde et d’en rétablir l’autorité décisionnelle prévue à l'origine dans la Charte des Nations Unies.
Ce n'est pas la première fois qu'une refonte de l'Assemblée générale est tentée et cela n’est sans doute pas la dernière. Pourtant, l'insatisfaction que suscitent tant le bilan que les buts de l'Assemblée générale est à son comble. Il y a quasi-unanimité sur l’incapacité de l'Assemblée générale à remplir la fonction que lui assignait son mandat initial.
Les difficultés que rencontre l'Assemblée militent pour la mise en place d’une dimension parlementaire aux Nations Unies. L'ONU et l'UIP ont déjà décidé au niveau le plus élevé - celui des chefs d'Etat et des présidents de parlement - que les deux organisations devaient travailler ensemble pour associer l’instance décisionnelle internationale et les élus mandatés pour représenter les peuples. Cette vision s’est concrétisée par de nombreuses activités organisées conjointement par l'ONU et l'UIP et par un statut renforcé de l'UIP à l'Assemblée générale.
Pourtant, quand il s’agit de l'Assemblée générale, le potentiel de coopération entre l'ONU et l'UIP demeure en grande partie inexploité. Dans une déclaration devant le groupe de travail ad hoc sur la revitalisation au début avril, l'UIP a dit que la réforme de l'Assemblée générale devait entraîner une interaction plus directe entre les deux organisations.
Prenons, par exemple, l'Audition parlementaire annuelle que l'UIP organise pendant la session d'automne de l'Assemblée générale. Bien qu'elle suscite beaucoup d‘intérêt du fait de la participation de centaines de parlementaires venus du monde entier, cette audition ne fait toujours pas partie du calendrier de travail de l'Assemblée générale et n'a pas d’incidence perceptible sur les débats des Etats membres de l'ONU.
Si l'Audition pouvait être associée plus étroitement à l'Assemblée générale dans la définition de son ordre du jour et la mise en oeuvre de ses conclusions, les parlements auraient davantage conscience de l'Assemblée générale et son travail. Cette prise de conscience est la première étape nécessaire vers une prise en compte plus sérieuse des résolutions de l'Assemblée générale au niveau national. Outre une audition parlementaire renforcée, plus étroitement liée à l'ordre du jour de l’Assemblée générale, les propositions de l'UIP envisagent un partage mieux coordonné de l'information et un mécanisme de consultation. Ces suggestions contribueraient à la mise en œuvre de réelles synergies entre les deux organisations, et on notera qu'elles sont conçues pour éviter d’ajouter de nouvelles instances bureaucratiques ou de s’ingérer dans les processus décisionnels propres à l'ONU.
Au nom de ses parlements membres, l'UIP suivra de très près le processus de revitalisation de l’Assemblée générale dans les semaines et les mois à venir. Plusieurs Etats membres ont donné des signes encourageants qui portent à croire que les propositions de l'UIP seront examinées avec beaucoup de sérieux. Mais faire accepter ce message par tous les Membres de l’ONU ne sera pas chose facile.