Entre 1979, quand les Soviétiques ont envahi l'Afghanistan, et le début des années 2000, le pays n'a connu aucune institution stable. Pendant la quasi-totalité de cette période, il a été plongé dans un conflit qui a infligé des souffrances indicibles aux Afghans. Les choses ont changé radicalement avec les accords de décembre 2001 qui ont mis en place un processus de retour à la normalité sous la supervision de la communauté internationale, et avec son appui.
Après l'adoption d'une nouvelle Constitution en janvier 2004, des élections présidentielles historiques ont eu lieu en 2004 et, en septembre 2005, les premières élections législatives en 30 ans ont été organisées. Ces événements ont donné naissance à un parlement bicaméral dont la représentativité est largement reconnue. Les femmes y sont représentées en nombre non négligeable, puisqu'elles y occupent approximativement 25 % des sièges.
Les difficultés que doit surmonter le Parlement nouvellement établi reflètent l'état général du pays - maigres infrastructures et pénurie aiguë de ressources humaines qualifiées. Cette situation est semblable à celle que rencontrent nombre de parlements de pays sortant d'un conflit.
L'UIP et le Programme des Nations Unies pour le développement ont été à la pointe des initiatives de la communauté internationale pour relever les défis auxquels est confronté le jeune Parlement afghan, inauguré en décembre 2005. Un vaste programme d'aide doté de plus de 15 millions de dollars E.-U., opérationnel depuis le début 2005, a permis d’organiser les préparatifs de la session inaugurale du Parlement. Au titre de ce programme, le PNUD et l'UIP sont associés pour apporter une assistance technique. Ils ont organisé une formation pour les premières recrues de l’Administration parlementaire. Des programmes de renforcement des capacités ont aussi été mis en place pour les membres du Parlement tant en Afghanistan qu'à l'étranger. Ce type d'assistance est très utile car il y a peu ou pas d'expérience parlementaire sur laquelle s'appuyer.
Le Parlement nouvellement créé va être crucial pour le retour à la stabilité et à la paix en Afghanistan. Pour y parvenir, il devra établir un nouveau cadre juridique d'application des lois et contribuer à créer un environnement propice au bien-être des Afghans. Cette jeune institution est porteuse de beaucoup d'espoirs. La population compte sur elle pour contribuer efficacement à la réconciliation entre les Afghans en se faisant l'expression de leurs intérêts à travers des politiques équitables.
L'un des temps forts récents du partenariat UIP/PNUD a été la conférence organisée à Kaboul pour les membres de la Meshrano Jirga (Chambre haute du Parlement) sur les relations entre le Législatif et l'Exécutif. Cette conférence avait pour fil conducteur la nécessité de promouvoir un partenariat entre le Législatif et l'Exécutif, au lieu de susciter une confrontation inutile et stérile. Cela ne signifie pas pour autant que le gouvernement ne soit pas tenu de rendre compte de ses actes et de son travail d'une manière qui réponde aux aspirations populaires.
A la conférence de Kaboul, on a identifié les mécanismes ayant fait la preuve de leur efficacité dans d'autres pays en matière de gouvernance transparente et responsable. Selon le Président de la Meshrano Jirga, M. Sibghatullah Al-Mojaddedi, qui est aussi président de la Commission nationale Paix et Réconciliation, "la primauté du peuple doit être la considération première dans le travail parlementaire". Il a ajouté que "tout en s'efforçant d'éviter des conflits avec le Gouvernement, le Parlement ne doit pas accepter le moindre compromis quand l'intérêt du peuple est en jeu. Il faut que les deux pouvoirs travaillent ensemble à l'instauration de la justice sociale et de la démocratie dans l'état de droit". Il n'est pas surprenant que les auditions de confirmation tenues en avril au Parlement pour les membres nouvellement nommés du gouvernement aient suscité autant d'intérêt dans la population. En outre, le fait que ces auditions aient été retransmises en direct à la radio et à la télévision reflète les efforts qui sont engagés pour promouvoir la transparence.