En-tête du e-Bulletin de l'UIP No.20, le 4 décembre 2009   

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CRISE ECONOMIQUE : LES PARLEMENTAIRES FONT LE BILAN DES MESURES PRISES A L’AUDITION ONU-UIP

Quelque 160 parlementaires se sont réunis à New York les 19 et 20 novembre pour mesurer l’effet de l’intervention mondiale face à la crise économique, suite aux décisions prises ces derniers mois par le G20, l’ONU et les institutions de Bretton Woods. L’Audition parlementaire est une réunion conjointe de l’ONU et de l’UIP qui donne aux parlementaires la possibilité de s’entretenir avec de hauts responsables de l’ONU.

Secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, et Président de l'UIP, M. Theo-Ben Gurirab

Les résultats des mesures d’intervention prises à ce jour sont majoritairement positifs. Tel est l’avis des parlementaires. Mais il y a aussi plusieurs sources de préoccupation, tant en matière d’équité que d’effets sur le long terme. Les perspectives mondiales de l’économie demeurent incertaines et il faut encore corriger de nombreux déséquilibres et combler les vides juridiques pour donner les moyens aux gouvernements de poursuivre leur travail de sortie de la récession. Cette crise doit aussi être l’occasion de repenser les fondamentaux, tels que la manière d’évaluer le bien-être et le développement (aujourd’hui mesurés à l’aune de l’accumulation de biens), au profit d’approches plus globales qui prennent aussi en compte l’environnement et la dimension sociale de la vie économique.

Entre autres choses, les participants ont estimé que les programmes de relance mis en œuvre dans le monde entier devaient être plus axés sur les pauvres et les groupes les plus vulnérables. Il fallait en outre que les interventions nationales soient mieux négociées, selon une formule tripartite (gouvernement, travailleurs et secteur privé), et qu’elles visent à renforcer la protection sociale, non seulement pour atténuer les effets de la crise dans nombre de pays, mais aussi pour en éviter de nouvelles.

Les participants ont relevé que les pays développés avaient pris plusieurs engagements de longue date, notamment de supprimer les droits de douane et les quotas appliqués aux importations en provenance des pays les moins avancés, ce qui constituerait sur le long terme une meilleure stimulation économique que les prêts à taux préférentiels. Plusieurs pays en développement seront en effet confrontés à une nouvelle crise de la dette si un nouveau mécanisme international d’allègement de la dette n’est pas mis en place de toute urgence.

Il a aussi été longuement question de la réforme des institutions de Bretton Woods et de la manière dont elles orientent l’économie mondiale. Conscients que des mesures importantes ont été prises pour renforcer la transparence de ces institutions, notamment la nouvelle politique d’information de la Banque mondiale, les participants n’étaient pas certains néanmoins que l’engagement de relever les quotas des pays en développement de quelques points (3 % à la Banque mondiale et 5 % au FMI) suffirait à faire en sorte que les décisions prises par ces institutions soient plus en phase avec les besoins de leurs « clients ».

S’agissant du secteur financier, les gouvernements devraient faire davantage pour renforcer la réglementation applicable aux produits dérivés et prévenir la résurgence de bulles spéculatives.

Le rapport complet de l’Audition sera publié d’ici quelques semaines et distribué aux Etats membres de l’ONU, à titre de contribution des parlements aux délibérations en cours, notamment à celles du nouveau groupe de travail chargé du suivi de la Conférence des Nations Unies sur la crise économique et financière tenue en juin dernier.

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