En-tête du e-Bulletin de l'UIP No.24, le 25 octobre 2010   

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L'ASSEMBLEE DE L'UIP DEBAT DE LA VIOLENCE ELECTORALE

La lutte pour le pouvoir peut parfois dégénérer en violence pure et simple. Lorsque le système politique n'arrive pas à contenir la tension entre intérêts divergents au sein de la société, la population descend dans la rue et ses intentions ne sont pas toujours pacifiques.

Violence électorale
Lors de sa récente Assemblée de Genève, l'UIP a débattu de la violence électorale. Lorsqu'aucun candidat ne sort clairement vainqueur d'un scrutin, que la vie politique est considérée comme un jeu à somme nulle et que les hommes forts d'un régime refusent de lâcher les rênes du pouvoir, la violence n'est jamais loin. A la 123ème Assemblée de l'UIP, les parlementaires ont vite relevé que les femmes font les frais de la violence électorale de manière disproportionnée : les candidates sont souvent prises pour cible et le climat d'intimidation les dissuade de prendre part au processus politique.

Les parlementaires ne se réunissaient toutefois pas pour se lamenter sur les victimes, mais pour tenter de trouver des solutions permettant de limiter le risque de violence. Un certain nombre de facteurs susceptibles d'intensifier le risque de violence électorale ou, au contraire, de l'atténuer, ont été évoqués. Il a en premier lieu été question de l'éducation civique. Il importe en effet que les citoyens comprennent le processus politique et les élections pour pouvoir y prendre part. Mieux comprendre l'objectif des élections, la place du Parlement et le rôle des partis politiques dans un système de gouvernement démocratique contribue à assainir l'environnement politique. Le test ultime d'une élection, ont estimé les délégués, consiste à savoir si les citoyens jugent ses résultats acceptables. S'ils ont le sentiment que les dés sont pipés ou que les résultats électoraux sont faussés, le risque de violence augmente.

Viennent ensuite les institutions devant encadrer le processus. L'indépendance de la commission électorale nationale, qui gère l'ensemble du processus électoral, est la condition sine qua non de la tenue d'élections libres et équitables. L'impartialité de la justice et des forces de sécurité est, elle aussi, capitale. La puissance publique, à tous les niveaux, doit faire preuve de la neutralité la plus stricte tout au long du processus électoral.

Les partis politiques et les candidats eux-mêmes ont aussi le devoir de contribuer à créer un climat de tolérance en politique. La pratique consistant, dans nombre de pays, à exiger des partis qu'ils signent un code de conduite pour la période électorale a été recommandée.

Enfin, l'observation des élections par des acteurs nationaux et internationaux est bien évidemment un moyen privilégié de renforcer la confiance dans le processus électoral. Pour être efficace, l'observation doit porter sur l'ensemble du cycle électoral, et pas uniquement sur le jour du scrutin. Des recherches sont encore nécessaires, ont estimé les parlementaires, pour mettre au point des normes se rapportant à l'observation de l'après-élection, notamment en ce qui concerne la proclamation des résultats et le traitement des contestations.

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