Pas de vie politique sans partis car ce sont les partis qui contribuent à exprimer les aspirations des citoyens et à les transposer en choix politiques. Les partis, cheville ouvrière du processus démocratique, ont besoin de moyens financiers pour fonctionner. Les parlementaires assistant à l'Assemblée de l'UIP ont donné des exemples du mode de financement des partis politique dans leur pays, ainsi que des différents mécanismes mis en place pour garantir un bon fonctionnement du système.
Le financement peut être d'origine publique ou privée. Nombre de délégués ont redouté qu'une partie de ces fonds provienne de sources douteuses. Dans de nombreux pays, les autorités sont confrontées à des problèmes de blanchiment d'argent provenant de la drogue ou d'autres activités illégales voire criminelles. Cet argent n'a pas sa place dans le processus politique et peut porter un coup fatal à la démocratie.
Les échanges ont aussi porté sur le rôle néfaste que peuvent jouer certaines organisations non gouvernementales (ONG) ou grandes entreprises, en influant indûment sur le processus politique par des contributions généreuses au financement des partis politiques. Les avis ont divergé quant à savoir s'il était judicieux d'autoriser les financements étrangers, mais les délégués sont convenus que, lorsque ce mode de financement est autorisé, il convient de prendre des mesures pour s'assurer que les fonds ne sont pas utilisés pour influer indûment sur les résultats, politiques ou autres, ni les vicier.
Dans la mesure où l'objectif du financement public consiste à mettre tous les acteurs sur un pied d'égalité dans le processus politique, il convient d'être particulièrement attentif aux femmes et à créer des conditions qui leur permettent de lutter à armes égales avec les hommes.
Les participants ont souligné l'importance de fixer des lignes directrices pour favoriser la transparence et l'obligation de rendre compte en politique, évoqué l'idée de plafonner les financements émanant de différentes sources et parlé de la nécessité de divulguer l'identité des bailleurs de fonds et l'ampleur de leurs contributions, ainsi que de rendre compte de l'utilisation de ces fonds, en particulier lorsqu'il s'agit de deniers publics.
S'agissant des mécanismes visant à sanctionner les infractions à la réglementation relative au financement de la vie politique, les participants étaient partagés entre les partisans de sanctions strictes pour les partis en cause et ceux qui prônent des mécanismes d'autorégulation, parmi lesquels les codes de conduite destinés aux partis.
En tout état de cause, le financement des partis politiques devrait viser en premier lieu à permettre aux citoyens de faire entendre leur voix dans le processus politique et démocratique et non à aller contre leur volonté. Les parlements, ainsi que les ONG et les médias, peuvent jouer un rôle de premier plan en créant une culture de la transparence et de la responsabilité dans la vie politique.
La discussion de la violence électorale et du financement des partis suit son cours. Les résolutions définitives concernant ces questions seront débattues lors de la 124ème Assemblée, qui aura lieu à Panama, en avril 2011.