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 Genève, le 5 mars 2013IPU Logo-bottom

Les élections en 2012 montrent que les quotas restent la clé d’une plus forte participation des femmes à la vie politique

La progression annuelle inaccoutumée de près d’un point de pourcentage de la moyenne mondiale de femmes parlementaires en 2012 a démontré une fois de plus que les quotas sont cruciaux si l’on veut combler le déficit entre hommes et femmes dans la vie politique.

Publiant son analyse annuelle des statistiques sur les femmes parlementaires à la veille de la Journée internationale de la femme (le 8 mars), l'Union interparlementaire (UIP) a constaté que l’année 2012 était une année de progression plus forte qu’à l’accoutumée de la participation des femmes à la vie politique. La moyenne mondiale des femmes dans les parlements fin 2012 s'établissait à 20,3 pour cent, contre 19,5 pour cent en 2011. Hormis l'année 2007, le taux annuel moyen de progression de ces dernières années était de 0,5 point.

L'application de quotas fixés par la loi ou de quotas volontaires (souvent associés au scrutin proportionnel) dans certains des 48 pays où des élections se sont tenues en 2012 expliquait en grande partie cette progression inhabituelle de la proportion de femmes parlementaires.

Neuf des 10 pays ayant connu la plus forte progression du nombre de femmes parlementaires à la chambre basse de leur parlement ont appliqué des quotas. Par contre, sept des neuf chambres basses ayant connu une baisse effective de la proportion de femmes parlementaires en leur sein n'appliquaient pas de quotas.

Globalement, des quotas électoraux ont été appliqués dans 22 des 48 pays qui ont tenu des élections en 2012. Lorsque les quotas étaient imposés par la loi, 24 pour cent des sièges au Parlement sont allés à des femmes. Avec les quotas volontaires, les femmes en ont emporté 22 pour cent. En l'absence de quotas, les femmes n’ont obtenu que 12 pour cent des sièges, bien en deçà de la moyenne mondiale.

« Bien que le recours aux quotas soit contesté dans certaines parties du monde, ils restent critiques pour renforcer cette composante fondamentale de la démocratie qu’est la parité des sexes dans la représentation politique », a déclaré le Secrétaire général de l’UIP, Anders B. Johnsson. « On ne saurait prétendre à la démocratie sans avancées sur ce terrain ».

Cela dit, les quotas seuls sont insuffisants. Ils doivent être ambitieux et assortis de sanctions en cas de non-respect, et les candidatures féminines doivent être placées en position éligible sur les listes des partis. Et la volonté politique d’inclure les femmes dans la vie parlementaire est non moins décisive.

Les élections tenues en 2012 ont confirmé cette analyse tout en soulignant l'importance de la nature des systèmes électoraux utilisés pour l'élection de femmes au Parlement. Le scrutin proportionnel non seulement reste le meilleur système pour mettre en œuvre des quotas mais, en outre, il a assuré l’élection en 2012 d’un pourcentage beaucoup plus élevé de femmes au Parlement (25 %) que le scrutin majoritaire à un tour (14 %) ou un système mixte (17,5 %).

L’année 2012 a vu s’affirmer une tendance encourageante liée à la décision prise par cinq parlements d’accélérer le rythme du changement en procédant, avec le concours de l'UIP, à des audits de genre visant à déterminer comment ils pourraient se montrer plus attentifs aux questions de genre. Il s’agit non seulement de promouvoir l'accès des femmes au Parlement mais aussi d’assurer leur représentation égalitaire dans toutes les instances parlementaires, dont les commissions, en incitant les partis à affirmer la volonté politique de faire bouger les choses et de s'attaquer à certaines habitudes de travail au sein du Parlement qui ont si souvent un effet dissuasif pour les femmes parlementaires et les femmes qui travaillent dans les parlements.

CHIFFRES MARQUANTS PAR REGION
Les plus fortes avancées électorales pour les femmes parlementaires ont été enregistrées au Sénégal, en Algérie et au Timor-Leste, trois pays qui ont appliqué pour la première fois des quotas imposés par la loi.

Avec 31,6 pour cent de femmes au Parlement, l'Algérie est le premier pays arabe à franchir le seuil de 30 pour cent de femmes au Parlement. C'est un résultat remarquable dans une région qui n'a pas réussi à tenir la promesse du changement démocratique dans les pays du printemps arabe que sont l'Egypte et la Libye, et qui a toujours la plus faible moyenne de toutes les régions, soit 13,2 pour cent.

Le Sénégal, où les femmes occupent 42,7 pour cent des sièges au Parlement, a contribué à faire progresser la moyenne régionale de l'Afrique, portée à 20,4 pour cent. L'Afrique subsaharienne compte aujourd'hui quatre parlements aux dix premières places du classement mondial des femmes au Parlement que tient l’UIP.

Le continent américain, qui peut s’enorgueillir de la plus forte moyenne régionale avec 24,1 pour cent, a vu un nombre record de femmes élues en El Salvador, aux Etats-Unis d'Amérique, en Jamaïque et au Mexique. Les Etats-Unis, où les femmes occupent désormais 18 pour cent des sièges à la Chambre des représentants et 20 pour cent au Sénat, ont enregistré un nombre sans précédent de candidatures féminines. Néanmoins, Ils n’ont progressé que d’une seule place dans le classement mondial de l'UIP, passant du 78ème au 77ème rang en 2012.

La moyenne régionale de l'Europe, soit 23,2 pour cent, illustre les progrès constants enregistrés dans la région durant la dernière décennie. Des progrès non négligeables ont été observés en Serbie (hausse de 10,8 points de pourcentage), au Kazakhstan (hausse de 8,4 points de pourcentage) et en France (jusqu'à 8,3 points de pourcentage). Les résultats pour la Serbie et la France s’expliquaient par la législation sur les quotas. En comparaison, les reculs observés en Europe, notamment au Bélarus (baisse de 5 points de pourcentage), aux Pays-Bas (baisse de 2 points de pourcentage) et en République tchèque (baisse d’un point de pourcentage) étaient relativement mineurs.

En Asie, les progrès sont lents et limités, la moyenne régionale ne progressant en dix ans que de 3 points de pourcentage, de 15,2 pour cent en 2002 à 17,9 pour cent en 2012. Néanmoins, on y observe quelques succès spectaculaires comme au Timor-Leste avec une hausse de 10,8 points de pourcentage et en Mongolie avec une progression de 9,6 points de pourcentage de la présence des femmes au Parlement. L'élection historique d’Aung San Suu Kyi et des 12 autres candidates de la Ligue nationale pour la démocratie au Parlement du Myanmar a marqué un temps fort pour l'Asie même si les femmes parlementaires n’y occupent que six pour cent des sièges dans les chambres basses.

La région du Pacifique est la seule où la situation soit restée figée au cours de la dernière décennie, avec une moyenne régionale de 15,3 pour cent contre 15,2 pour cent il y a 10 ans. En outre, si l’on exclut l'Australie et la Nouvelle-Zélande, la moyenne pour le Pacifique ne dépasse pas trois pour cent.

On trouvera le fichier PDF de l’analyse en français ici


L’organisation mondiale des parlements, l’UIP œuvre en faveur de la démocratie, de la paix et de la coopération entre les peuples. La plus ancienne organisation politique internationale, créée en 1889, l’UIP est le foyer de la concertation interparlementaire à l’échelle mondiale. Elle réunit 162 parlements membres et dix assemblées régionales associées.
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