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N°35
SEPTEMBRE 2009

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de la Revue

Le Monde des Parliaments
Dites non à la violance contre les femmes

Dispelling the misconception that women are inferior

Mme Ines Alberdi, Directrice exécutive d'UNIFEM Selon la Directrice exécutive du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), Mme Ines Alberdi, le rôle des parlementaires, et spécialement des femmes parlementaires, est très important dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes, notamment dans les domaines de la prévention, de la protection et de la répression. Les législateurs peuvent être très actifs pour mettre en place des plans d’action afin d’informer la population sur la violence à l’encontre des femmes. Parce qu’il s’agit d’un problème qui concerne les hommes et les femmes, un problème de société qui touche non seulement les pays en développement, mais aussi les pays développés ».

Ce problème universel « a quelque chose à voir avec l’idée que la femme est inférieure et il est difficile de dissiper ce malentendu qui dure depuis des siècles. Nous devons travailler au niveau de l’éducation et aussi adopter des lois, pour qu’il soit bien clair que la violence à l’encontre des femmes constitue un crime. Nous devons envoyer le message que la violence à l’encontre des femmes n’est en aucun cas légitime, qu’elle n’est pas autorisée et qu’elle doit être sanctionnée. Le combat contre l’impunité est très important. Nous devons aussi aborder les relations entre hommes et femmes différemment », ajoute Mme Alberdi.

UNIFEM est engagé dans une campagne de sensibilisation intitulée Dites non à la violence contre les femmes, qui demande à chacun et à chacune de souscrire à cette campagne. L’actrice Nicole Kidman en est l’ambassadrice itinérante. « Son image et la déclaration très ferme qu’elle a faite ont suscité un soutien populaire important. En une année, nous avons recueilli cinq millions de signatures. Nous devons continuer, même si une minorité de gens pensent encore que les femmes sont inférieures », souligne Mme Alberdi. « Pendant des années, la violence à l’encontre des femmes a été un sujet tabou et personne n’en parlait. Même les femmes qui avaient subi des violences n’admettaient pas qu’elles étaient battues ».

Pour venir en aide aux victimes, le premier pas est de reconnaître qu’il y a un problème et d’en parler ouvertement. A cet égard, l’Espagne a récemment traité cette question alors que les pays nordiques ont été les premiers à publier des études et des statistiques sur l’importance du problème de la violence à l’encontre des femmes. « Mais de nombreux pays ne disposent pas de statistiques et nous ne savons pas combien de femmes et de jeunes filles ont été battues ou violées. Souvent, elles ne sont pas libres de sortir de leur maison, de voir leurs amis ou de faire des études. Certaines femmes qui ont été séparées de leur conjoint préfèrent subir de mauvais traitements plutôt que de rester seules. D’autres victimes pensent que c’est de leur faute si elles sont malheureuses ». « Lorsque vous en parlez ouvertement, vous pouvez aider beaucoup de femmes », explique Mme Alberdi.

Il est plus difficile d’aider celles qui veulent rester avec un mari ou un partenaire violent, et qui disent ne pas pouvoir vivre sans lui. Cela est lié à l’image de la bonne épouse qui obéit à son mari. Des stéréotypes conservateurs concernant la soumission de la femme persistent. De nos jours les choses sont en train d’évoluer dans les couples. Ils en parlent, ils négocient et ils discutent des questions relatives aux enfants.

Et la Directrice exécutive d’UNIFEM de conclure : « La liberté et l’autonomie des femmes, et de toutes les personnes en général, ont été introduites grâce à l’essor de la démocratie »