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N°28
DECEMBRE 2007

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de la Revue

Le Monde des Parliaments
Les femmes en politique

L'apport des femmes aux parlements des Etats du Conseil de coopération du Golfe

Ouverture de la deuxième Conférence régionale pour les femmes parlementaires et les femmes exerçant des responsabilités politiques dans les Etats du Conseil de coopération du Golfe, en présence du Secrétaire général de l'UIP, Anders B. Johnsson.Malgré une moyenne régionale faible de 9% de femmes parlementaires, les parlements arabes ont fait des progrès considérables au cours des années. Le nombre de femmes parlementaires a augmenté de manière constante, essentiellement grâce aux succès réalisés dans les parlements des Etats du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Le Parlement des Emirats arabes unis, avec 22,5% de femmes parlementaires, est l'exemple le plus récent de ces progrès.

L'UIP a consacré une attention particulière à la participation politique des femmes des Etats du CCG en suivant de près et de manière régulière chacune de ses assemblées, en organisant des séminaires nationaux pour les candidates et les femmes parlementaires et en tenant la première Conférence régionale des femmes parlementaires et des femmes exerçant des responsabilités politiques des Etats du CCG en juillet 2006 à Bahreïn. La deuxième Conférence régionale a eu lieu à Abou Dhabi les 30 et 31 octobre. Elle était organisée conjointement par l'UIP et le Conseil national fédéral des Emirats arabes unis. Des femmes parlementaires et des femmes exerçant des responsabilités politiques originaires des sept Etats invités ont participé à l'événement: Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar et Yémen.

La conférence de cette année était axée sur " L'apport des femmes au Parlement ". Les femmes ont examiné les progrès réalisés et les difficultés rencontrées dans la région, et ont comparé leurs expériences sur la manière d'amener des changements au Parlement. Une séance spéciale a mis en lumière les défis auxquels elles sont confrontées dans le domaine de l'éducation, de l'emploi et de la politique.

Les participantes ont convenu que les défis les plus importants auxquels sont confrontés les Etats du CCG sont liés à certaines valeurs culturelles et sociales dominantes, au manque de confiance des femmes en elles-mêmes et au fait que les lois favorables aux femmes ne sont pas suffisamment appliquées. Pour relever ces défis, elles ont souligné la nécessité de sensibiliser les électeurs à la participation politique des femmes, mis l'accent sur le rôle des organisations de la société civile et des médias, et insisté sur l'importance de renforcer la confiance des femmes et les moyens dont elles disposent pour s'acquitter de mandats politiques.

Que se passe-t-il une fois que les femmes entrent au Parlement ? Comment les femmes peuvent-elles amener des changements ? Les réponses ont été multiples: certaines participantes ont suggéré d'augmenter le nombre de femmes parlementaires en se fondant sur la théorie de la " force numérique ": les femmes pourront contribuer à faire évoluer l'ordre du jour du Parlement si elles sont plus nombreuses. D'autres ont proposé d'élaborer des stratégies et d'encourager la coopération avec les hommes. Développer les compétences des femmes et rendre les parlements mieux à même de traiter les problèmes liés au genre ont aussi été évoqués comme facteurs déterminants. Il faut tenir compte également de la coopération étroite avec la société civile et les médias, ainsi que de la solidarité entre les femmes.

Tout en reconnaissant que des progrès restent à faire, les participantes se sont engagées à poursuivre leurs efforts et ont plaidé en faveur de l'élaboration de plans d'action spécifiques pour accélérer l'émancipation politique des femmes. Ce thème sera certainement évoqué lors de la troisième Conférence régionale des femmes parlementaires des Etats du CCG, prévue en 2008.