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N7
SEPTEMBRE 2002
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SOMMAIRE


white cube L'invité: M. Pier Ferdinando Casini
white cube Editorial : Vous avez dit démocratie ?
white cube Evènement: Les Parlements et le Sommet mondial de la FAO
white cube Dossier: Le Comité des droits de l'homme des parlementaires fête ses 25 ans onusiens
white cube Egalité des sexes: Parlement et processus budgétaire, notamment dans la perspective de l'équité entre hommes et femmes
white cube Financement du développement : Opinion des parlementaires britanniques
white cube UIP et l'ONU: Parlementaires et Sommet mondial sur le développement durable white cube Evolution parlementaire

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Le Monde des Parlements
 L'invité

M. Pier Ferdinando Casini
Président de la Chambre des Députés italienne

"La diplomatie parlementaire est en plein essor"

Pier Ferdinando Casini
Mr Pier Ferdinando Casini, President of the Italian Chamber of Deputies

Q: L'Italie est très engagée à combattre la faim dans le monde. La situation s'est encore aggravée depuis le dernier sommet de la FAO à Rome. Que faut-il faire ?
Pier Ferdinando Casini:
Nous ne pouvons pas nier que la situation soit décevante. Les gouvernements hésitent à prendre des décisions qui peuvent être mal interprétées par l'opinion publique. Il est facile de dire " aidons les pays pauvres ", mais il est beaucoup plus difficile d'agir pour changer les choses. Prenons un exemple : l'Europe tente de convaincre les producteurs de drogue en Colombie que les plantations de coca doivent être détruites, mais, en même temps, nous, les pays riches, fermons nos marchés aux produits agricoles latinos-américains, pour satisfaire nos fermiers. Et ce n'est-là qu'une de nos nombreuses contradictions. Cela étant dit, les choses bougent. Après le 11 septembre, la guerre contre le terrorisme est devenue une priorité sacro-sainte, mais nous ne devons pas perdre de vue le rapport Nord-Sud, entre pays riches et pays pauvres. Nous nous tromperions nous-mêmes si nous imaginons que nous pouvons construire un monde meilleur et en paix sans prendre en considération ce problème.

Q : Les Parlements doivent-il s'engager davantage ?
P.C.
Les Parlements doivent en permanence contrôler l'action des gouvernements. Ils ont un rôle très important à jouer, non seulement parce que la diplomatie parlementaire est en plein essor et parce que l'Union interparlementaire jouit d'une visibilité nouvelle, mais aussi parce que les parlements représentent toutes les forces politiques en présence. Les gouvernements changent, les parlements, de par leur nature, sont le siège naturel de toutes les forces politiques, raison pour laquelle ils doivent s'assurer que les gouvernements discutent des problèmes, qui touchent tout le monde.

Q : Cela peut-il vraiment être fait ?
P.C.
Nous devons le faire ! Il ne s'agit pas seulement d'un acte de charité ou de philanthropie, ou d'un simple exercice de rhétorique. Et j'espère que la politique de demain ne sera pas seulement conçue avec un pragmatisme sans idéaux. Les problèmes soulevés lors du dernier Sommet de la FAO ne sont pas seulement d'ordre moral, il en va de l'intérêt des pays riches, qui seraient bien myopes s'ils ne s'engageaient pas à prendre en charge un équilibre du monde qui englobe tous les pays. Car il est normal que le faible fasse appel au puissant : lorsque des immigrants clandestins débarquent par milliers sur les côtes européennes, l'Europe et l'opinion publique européenne doivent voir qu'il s'agit d'une question qui va au-delà d'un simple problème de flux migratoire ou de problèmes inhérents à l'Afrique. Considérer ce problème de ce seul point de vue ne nous permettra jamais de comprendre la complexité du monde.

Q : L'alimentation est-elle un droit, avec tout ce que cela implique ?
P.C.
Bien entendu, l'alimentation est un droit, mais l'affirmer est presque un exercice de rhétorique si nous sommes incapables de distribuer de la nourriture à ceux qui ont faim. Les pays riches doivent aider les pays pauvres, au niveau local avant tout. Car c'est au niveau local qu'il faut, comme l'a dit le Directeur général de la FAO, Jacques Diouf, enseigner à pêcher, au lieu de donner du poisson. Je pense aussi qu'une société multiraciale, multi-ethnique et multi-religieuse, elle existe déjà en Occident, doit s'ériger contre les récentes poussées de xénophobie et de racisme. Nous devons combattre la corruption, le gaspillage et le terrorisme.

Q : Vous avez évoqué l'Union interparlementaire. Quel est selon vous le rôle de l'UIP dans la coopération internationale ?
P.C.
La diplomatie parlementaire est en plein essor. Dans les pays européens, comme dans le reste du monde d'ailleurs, il y a une grande reprise des initiatives inter-parlementaires. Les contacts bilatéraux sont importants, mais il doit aussi y avoir des forums multilatéraux où les parlementaires puissent se rencontrer. A mon avis, le risque existe de voir les initiatives prises par les parlements et par l'UIP faire double emploi. Par exemple, au sein même du parlement italien, des groupes de parlementaires ont signé des accords avec des associations d'autres parlements. En même temps, il existe des groupes d'amitié, dans le cadre de l'Union interparlementaire. Je pense que l'Union interparlementaire doit devenir l'organisation mondiale des parlements. Nous devrions tous nous engager à favoriser son développement, à augmenter le nombre de ses membres et à rehausser son importance. Ce " forum " de la diplomatie parlementaire qui réunit les représentants des parlements du monde entier est également d'une importance fondamentale pour l'ONU.

Q : Vous êtes également très engagé dans le dossier du Moyen-Orient. Vu la situation sur le terrain, que proposez-vous ?
P.C.
Le Moyen-Orient est pour nous une question essentielle. J'ai reçu le Président de la Knesset, Avraham Burg, et je suis également en contact avec Ahmed Qoreï " Abou Ala ", le Président du Conseil législatif palestinien. Nous voulons que l'Etat d'Israël puisse vivre en paix et en sécurité, mais nous voulons également qu'il y ait un futur pour les milliers de Palestiniens qui sont désespérés et qui ont le droit d'avoir leur Etat. Le Parlement italien a voté, à l'unanimité, une motion à ce sujet. Pour être tout à fait clair, le problème ne sera pas résolu par la violence et les attaques terroristes, ou par les incursions de l'armée israélienne. Il n'y aura de progrès qu'en retournant à la table de négociation et en pressant l'Autorité palestinienne de prendre position contre le terrorisme.

Q : L'UIP peut-elle aider dans ce sens ?
P.C.
L'UIP est certainement un des meilleurs endroits où nous puissions travailler dans ce sens.

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