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N°30
JUILLET 2008

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de la Revue

Le Monde des Parliaments
Droit de l'homme

Les parlements doivent combattre le crime organisé en Amérique centrale

 Mme Carmen Elena Calderón de Escalón, Présidente de la Commission des affaires étrangères du Parlement d'El Salvador. La propagation de la criminalité organisée et la multiplication des bandes armées mettent une nouvelle fois la sécurité et l'administration effective de la justice en tête des priorités en Amérique centrale. Les parlements doivent prendre leurs responsabilités pour combattre les inégalités économiques et sociales et le crime organisé dans la région, telles sont les conclusions des législateurs réunis à San Salvador.

Un séminaire organisé conjointement par l'UIP et l'Assemblée législative d'El Salvador les 6 et 7 mai derniers a permis à des parlementaires du Costa Rica, d'El Salvador, du Guatemala, du Mexique, du Nicaragua, du Panama et de PARLACEN (Parlement d'Amérique centrale) de porter un regard critique sur les difficultés qui subsistent plus de vingt ans après la signature de l'accord historique, dit « Esquipulas II », qui a apporté la gouvernance démocratique et la stabilité en Amérique latine. Ce séminaire s'est déroulé peu après une table ronde nationale sans précédent avec des personnalités salvadoriennes, qui avaient participé aux négociations de paix nationales.

Les participants ont estimé que si la nouvelle génération d'institutions publiques qui a vu le jour grâce aux accords de paix constitue bel et bien un progrès, elle n'est pas suffisamment stable et ambitieuse pour répondre pleinement à ces difficultés. Selon eux, bien que l'absence de conflit armé et l'organisation d'élections libres et régulières, ait nettement transfiguré la société en Amérique centrale, nombre des facteurs à l'origine des tensions sont toujours présents et, dans un certain nombre de cas, ils sont même encore plus marqués qu'auparavant, comme le montrent l'augmentation de la pauvreté et la concentration des richesses aux mains de quelques personnes.

Pour les participants, les parlements doivent prendre leurs responsabilités et commencer par élaborer un programme socio-économique digne de ce nom et renforcer l'indépendance et l'efficacité de la justice. D'aucuns ont d'ailleurs laissé entendre que ce programme devrait être élaboré à l'échelle régionale, sur le modèle de l'Union européenne, et donner lieu à un Esquipulas III ou « Esquipulas social ». Un programme d'une telle envergure obligerait les parlements à mettre à profit leur fonction première, qui est d'offrir un cadre de dialogue et d'action dans un contexte de respect et de confiance, avec la pleine participation de toutes les composantes de la société, notamment des nouvelles générations de dirigeants politiques, des organisations de la société civile et des entreprises.

Il importe en outre que les partis politiques soient intégrés dans l'équation et évitent la paralysie qu'entraîne la polarisation, en s'efforçant de travailler dans l'intérêt de tous, de promouvoir une culture de l'intégrité, de se montrer responsables lorsqu'ils préparent leurs candidats à exercer des responsabilités politiques et de se réformer de l'intérieur pour se « démocratiser ».

Vous trouverez les conclusions et recommandations du séminaire ainsi que d'autre documents sur notre page spéciale

Prendre des mesures pour prévenir la traite des êtres humains

Une centaine de participants et notamment des parlementaires venus de plusieurs pays, se sont réunis au parlement marocain.

Les parlementaires doivent jouer un rôle prépondérant en adoptant une législation adéquate et en élaborant une stratégie parlementaire pour une prise en compte effective de la problématique des migrations, telles sont les conclusions des législateurs réunis à Rabat (Maroc), en mai dernier. Qu'elle soit perçue comme un facteur de développement ou un élément de désintégration du tissu socio-économique des pays d'origine et de destination, la problématique des migrations est une question d'actualité.

Les récentes vagues de violence en Afrique du Sud et en Italie contre les immigrés sont la preuve de cette réalité. Loin de trouver une solution appropriée et, surtout concertée, à cette question d'envergure internationale, les différents Etats prennent des mesures nationales qui vont dans le sens d'une restriction des flux migratoires.

Le continent africain est touché à plus d'un titre par cette question. A la fois lieux d'origine, de transit et de destination, les différents pays africains n'ont souvent pas de politiques migratoires et ne peuvent que déplorer les mesures prises par les autres pays, européens notamment. La Conférence, intitulée « l'Afrique et les migrations : défis, problèmes et solutions », organisée par l'Union parlementaire africaine (UPA), en collaboration avec l'UIP, l'Organisation internationale des migrations (OIM), l'Organisation internationale du Travail (OIT) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, a réuni, au Parlement du Maroc, une centaine de participants parmi lesquels des parlementaires et fonctionnaires de parlements, ainsi que des observateurs à l'UPA, des représentants d'institutions régionales, continentales et internationales, et des membres du Sénat espagnol.

Dans leurs exposés, les experts ont plaidé en faveur d'une politique migratoire concertée aux niveaux régional et continental. A la suite des travaux en ateliers qui ont traité des thèmes migrations et développement, aspects humanitaires des migrations, migrations et droits de l'homme et des initiatives régionales, les participants ont recommandé d'encourager les investissements dans les pays d'origine des migrations afin de créer un cadre générateur d'emplois.

En outre, ils ont appelé les pays de destination à compenser financièrement la fuite de cerveaux des pays d'origine. Ils ont instamment invité les pays qui ne l'ont pas encore fait, à ratifier la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille et à aligner leur législation sur les différentes dispositions de cette Convention. Les migrations étant étroitement liées aux droits de l'homme, les participants ont invité les pays d'origine et d'accueil à prendre des mesures appropriées pour prévenir la traite des êtres humains et faire respecter les droits des migrants. Dans le cadre d'une action concertée, les participants ont préconisé l'instauration d'une coopération entre les différents pays africains, et l'établissement d'un dialogue avec les pays européens sur la base du respect mutuel et des intérêts des deux parties.